45 x 32 cm. Acrylic sur papier. 2025. Non encadré.
Les « Portraits imaginaires »
Sans modèle, ni photographie, sans d’autre projet que celui de réaliser un portrait, je me laisse surprendre par ces inconnus qui viennent au jour sous les coups de pinceaux. Ces personnes que je ne connaissais pas me deviennent familières. Peut-être parce qu’elles reposaient dans un recoin de ma mémoire ? Passagers, passagères de ma vie. Un regard, un sourire croisés il y des années ; de la tendresse, de la bienveillance ressenties, innocences et blessures, fragments d’humanité qui émergent de ma mémoire et composent un portrait. Quand les traits se précisent, je les adopte. Je leur imagine un passé, je leur prête des sentiments, les installe dans un climat, les teinte de lumière ou d’ombre, de joie ou de mélancolie. L’éclat des yeux, un sourire triste, une ombre, des brumes diffuses, suggèrent des histoires, des strates de vie des interprétations, une riche complexité. Ce ne sont pas seulement des visages, ce sont les histoires de vie que ces visages suggèrent qui m’intéressent. À bien regarder un portrait, la première impression se complexifie …Et tout s’agence comme les chapitres d’un récit pour qu’au final, le portrait imaginaire suscite une histoire, réveille des souvenirs, tende un miroir. Ce jeu là, ce récit potentiel m’intéresse. Les fonds chahutés ou calmes, les couleurs, le port de tête, la place dans le cadre, accompagnent les regards, les complètent, organisent la lecture de l’image, mettent en sens le récit rattaché au portrait. Peut-être le spectateur trouvera-t-il lui aussi, dans ces regards, le souvenir d’une émotion vécue, voire même plusieurs sensations qui peuvent être ambivalentes comme le sont parfois les souvenirs.




